dissolution de Bien vivre à Cuffies


M. Aubet, président de l’association "Bien Vivre à Cuffies", qui a quitté notre région pour déménager, a été contraint de dissoudre l’association qu’il avait créée en 2012. Il nous a envoyé un message de conclusion de l’activité de son association, et nous pouvons le remercier pour le soutien positif qu’il a apporté à notre commune dans la recherche de solutions et d’un nouveau médecin à Cuffies. Nous reproduisons ci-dessous sa lettre et nous lui souhaitons une bonne continuation.


Au moment de quitter la région, organiser la disparition d’une association quand on a soi même participé à sa création et que l’on s’est investi pour son fonctionnement est un moment difficile. C’est le cas aujourd’hui ou faute de volontaire disponible pour animer le bureau, l’assemblée générale de notre Association « Bien Vivre à Cuffies » s’est résolue à voter sa dissolution.
Je persiste cependant à croire que dans notre démocratie, le droit d’association établi par la loi de 1901 est une chance, dont beaucoup ne mesurent pas l’importance. Ce droit qui permet de faire entendre une voix commune à tous entre chaque consultation par les urnes est un des piliers de notre République, le creuset dans lequel s’apprend le mieux la citoyenneté et il faut se battre pour le faire vivre.


Un regret et des satisfactions !
Regret de voir disparaître cette association car la présence de M le Maire à notre dernière AG et le dialogue que nous avons pu engager sur les sujets d’attention rapportés par l’Association a permis d’avoir en direct la réponse de la commune, également des éclairages sur des projets à venir notamment pour la Grand’Rue et la rue Dabremont. Pour avoir participé depuis plusieurs années aux séances du conseil municipal en tant qu’auditeur et avoir pris la parole dans ces occasions au nom de l’Association, j’ai pu constaté un changement, une meilleure écoute et le sentiment d’être à présent pris en considération et j’en remercie les membres du Conseil Municipal.
Les satisfactions que je préfère partager sont relatives à la diffusion des pages et articles sur le site internet de l’Association dont le nombre de lectures approche prés de 8000 consultations sur les deux années d’existence et je ne doute pas que le contenu de ces articles ont amené une réflexion et une remise en question des comportements sur les sujets abordés.


La dernière action de l’Association :
Dernièrement l’Association s’est engagée dans une démarche au profit de notre commune et plus largement au profit de l’agglomération et des axonais. La lettre-pétition adressée à Mme Agnes BUZYN, Ministre de la Santé et des Solidarités mais aussi à 5 autres élus, de la région des Hauts de France jusqu’au département de l’Aisne, était initialement destinée à sensibiliser les destinataires sur notre situation et la dégradation de l’offre de soins dans notre commune (plus petite commune universitaire de France). Cette lettre-pétition que nous avons expédié ce mardi 12 décembre, accompagnée de plus de 2400 signatures, a déjà obtenu des effets dont la médiatisation de notre situation à travers des supports de communication lu, écouté et vu sur l’agglomération et plus largement sur la région et le territoire.


L’action est née au mois de juillet en concertation avec la pharmacie LEVAUX, adhérent de l’Association et nous avons rapidement obtenu l’appui de Mme CHAMPENOIS, maire de Cuisy en Almont et Conseillère Générale de Soissons 1. A l’idée d’associer les 15 communes environnantes, M CORNEILLE, notre Maire s’est investi pour organiser la réunion qui s’est déroulée le 20 octobre dernier en présence de nombreux médias et avec le témoignage de plusieurs professionnels de la santé. Depuis le début de cette démarche nous avons eu une candidature spontanée générée par la médiatisation de la situation en la personne du Docteur Taha AGHA. Ce médecin tunisien francophone, dont l’épouse est également médecin généraliste spécialisée dans le domaine sportif est motivé dans sa démarche par la présence de son fils étudiant à Paris. Expérimenté à en juger par son CV étoffé, il est prêt à rejoindre notre commune et prendre place au cabinet médical St Martin mis à disposition par le docteur DELATTE, sous condition de pouvoir exercer immédiatement en raison de son expérience et pour retrouver une situation matérielle équivalente à celle qu’il connaît aujourd’hui en Tunisie. Cependant la réglementation prévoit dans le cas d’un diplôme obtenu hors Union Européenne, une procédure d’autorisation à l’exercice qui s’effectue sur plusieurs années ce qui n’est pas compatible avec la nécessité pour le Docteur AGHA de s’assumer rapidement.


Il faut noter également que depuis le début de notre action, Mme CHAMPENOIS est intervenue auprès du Conseil Général de l’Aisne sur ce sujet et M FRICOTTEAUX le Président a décidé de la création d’une commission correspondante. M Pierre-Jean VERZELEN, premier vice Président du Conseil Général élabore actuellement un texte à l’attention des parlementaires, pour que ceux-ci déposent un amendement afin que les étudiants puissent faire leur stage dans les départements limitrophes des facultés, mêmes si ces départements ne sont pas rattachés aux mêmes Agences Régionales de Santé qui financent. Cet amendement permettrait aux étudiants de la Fac de Reims d’effectuer leur stages dans l’Aisne.


Monsieur CORNEILLE de son coté a également proposé un texte au Conseil Communautaire destinée à Mme le Ministre et allant dans le même sens que notre pétition pour faire remarquer la dégradation de la situation dans notre bassin de vie. Il nous aidé en collectant les signatures des élus des communes environnantes en tant que représentant de leurs concitoyens au profit de notre pétition.


Pour finir, notre Député M DELATTE, également adhérent à l’Association, actif sur la question à la commission des affaires sociales, nous a reçu lors d’une permanence, le vendredi 24 novembre. Pendant cet entretien avec M le Maire, M LEVAUX et moi-même pour l’Association, il a accepté d’écrire à Mme le Ministre pour souligner notre situation locale et présenter la demande d’exercice du Docteur AGHA de façon à ce qu’une attention bienveillante soit apportée dans l’étude de son dossier si la vérification de ses compétences s’avérait intéressante.


Par notre action nous avons modestement mais certainement contribué à une prise de conscience collective qui ne peut être que bénéfique pour appuyer la volonté des élus à rechercher les vrais solutions qui permettront de réduire le déséquilibre de la densité démographique entre les régions.


Assorti à notre lettre-pétition nous avons demandé :
1. Que la baisse attendue du nombre des médecins en 2018 et 2019 sur notre bassin de vie puisse être prise en considération dans la cartographie pour faire reconnaître notre agglomération comme zone sous dense ce qui permettrait de bénéficier des mesures financières favorisant l’installation et l’exercice des médecins ;
2. Une attention bienveillante à l’étude du dossier du Docteur AGHA et l’adoption de mesures assouplissant la procédure d’autorisation d’exercice. Le texte est actuellement à l’étude au Centre National de Gestion chargé de l’organisation et du contrôle de cette procédure ;
3. Des mesures énergiques permettant d’équilibrer l’installation des médecins sur le territoire français.


Au 31 décembre 2017, l’Association cessera son activité, mais j’espère que les sujets sur lesquels nous avons attiré l’attention des élus et des cufficiens dans les domaines de l’environnement, de la sécurité et du bien être soient suivis et puissent débouchés sur des solutions pérennes et bien entendu la réouverture du cabinet médical.


M Philippe AUBET, Président de l’Association « Bien Vivre à Cuffies »