4.Maison Bleue


Maison Bleue de 1728 à nos jours
Article rédigé par Michèle Poiret et Corinne Sylvos, en juin 2013, sur des recherches effectuées en 2012-2013,et publié dans le bulletin "Les nouvelles" n°18 du 30 septembre 2013.


« C’est une maison bleue, adossée à la colline.... » Celle de la chanson pourrait être la Maison Bleue de Cuffies pour son environnement bucolique et son nom poétique. La comparaison s’arrête là. L’origine du nom de cette ferme nous est encore inconnue : en 1728 -selon notre source notariale la plus ancienne-, son propriétaire se présente comme « François Joseph Dumont de Maison Bleue, officier chez le Roy, demeurant à Soissons ». A la même époque existait aussi et déjà à Cuisy-en-Almont une ferme appelée Maison Bleue. Pas de confusion possible entre les deux, car le nom du terroir (Cuffy) ou du lieu-dit (Vorot) est souvent précisé dans les années suivantes. Mais pourquoi ce nom de « Maison Bleue » ? Cela reste à déterminer, si possible. Il s’agit aussi de ne pas confondre Maison Bleue et Saint Norbert : cette dernière fut aussi une grande propriété des Deviolaine, plus haut sur la colline, plus tardivement construite (19° siècle).


Maison Bleue a toujours été entourée de vignes, terres, vergers et jardins , jusqu’en 1914. On y récoltait le raisin pour en faire du vin, les pommes pour le cidre, et le parterre d’origine devint au fil du temps un jardin agrémenté d’un bassin et d’un jet d’eau. De ferme et maison de vigneron, elle est devenue au fil du temps maison bourgeoise, puis véritable château. Suivez-nous pour une visite, non pas imaginaire car les textes sont là, mais qui nécessite quand même de l’imagination car malheureusement la folie des hommes a tout détruit ...Voici en même temps l’histoire de 13 de ses propriétaires.
 



La ferme de Maison Bleue appartenait originellement à la censive de l’Evêché de Soissons.
Sur la carte de Cassini ( XVIII° siècle) elle apparaît déjà, située à la fourche des actuelles rue Georges Deviolaine et rue du Belvédère.


Dans la première moitié du 18° siècle, d’au moins 1728 jusqu’en 1754, donc pendant au moins 26 ans, François Joseph DUMONT, officier chez le Roi, en est propriétaire. Pour lui et les 4 propriétaires successifs demeurant à Soissons, Maison Bleue n’est pas l’habitation familiale principale, mais plutôt une source de revenus. En effet, d’après des actes trouvés aux Archives Départementales de l’Aisne, la propriété était louée (baillée) pour 3, 6, souvent 9 ans ou plus, à différentes personnes, à charge pour elles de l’entretenir, de la faire fructifier et de payer le bail, en espèces, en muids de blé, en poulets et chapons.
En 1754, François Joseph DUMONT décède et laisse ses biens à ses enfants Charles Madeleine DUMONT, officier d’Infanterie au bataillon de Laon, demeurant à Soissons, rue de Framboisier, paroisse de St Léger, et Marie Anne Madeleine DUMONT, fille majeure demeurant à Paris, rue Chapon, paroisse de St Nicolas des Champs.
Le 17 avril 1762, ces derniers la vendent à Nicolas LIOT, marchand de blé, bourgeois demeurant à Soissons, et sa femme Claire TALLON pour la somme de 5 480 livres.



 


 


 


En 1762, lorsque Nicolas LIOT acquiert Maison Bleue, celle-ci est déjà plus qu’une simple maison de vignerons ! Il n’y a qu’à comparer avec un inventaire de biens établi en 1733 à Beynes (Yvelines) qui donne comme composition pour une maison de vigneron une seule pièce et une étable. (Extrait du site « Beynes et son histoire ». Document « les Archives judiciaires » La composition d’une maison de vigneron en 1733)


Maison Bleue dispose de deux entrées, une sur le chemin de Soissons à Noyon, l’autre sur le chemin des vignes, et comprend une maison avec un parterre, un jardin garni d’arbres fruitiers, une maison de vigneron à deux chambres, une écurie, une remise, une basse-cour, des bâtiments pour entreposer les ustensiles de vendanges, et, vis à vis de la maison, un verger garni d’arbres fruitiers ainsi que des pièces de vignes soit attenantes au verger soit dans des lieux-dits peu éloignés.
        -La maison contient une cuisine voûtée avec trois fourneaux et une petite dépense (endroit où l’on garde les provisions), un fournil avec four, des lieux d’aisance, un puits avec potence et poulie en fer, un évier et un bac en pierre dure, un escalier avec une rampe en fer, un perron (escalier en saillie sur la façade), deux chambres à feu décorées de lambris et boiseries, dont les croisées sont garnies de rideaux et meublées de petites armoires.
        -Les habitants disposent d’un passage pour se rendre à la cave et au-dessus du cellier, d’un grenier et trois chambres en mansardes.
        -Le puits du jardin est garni d’une potence avec crochet de fer, parties de bois et bac en pierre dure. A ses côtés on trouve un petit bâtiment pour faire la lessive, avec plancher et solives de chêne et une remise fermée par une grande porte à deux battants.
       -Tout autour du bâtiment et dans le jardin poussent des arbres fruitiers de différentes essences de même que dans le verger situé en face de la maison.
       -La maison de vigneron, sur la droite de la grande porte en entrant, comporte deux chambres, une écurie et un grenier sur tout l’ensemble.
       -Le tout est couvert en tuiles et enclos de murs avec une grande et une petite porte pour aller au verger et aux autres lieux et bâtiments de la Maison Bleue.
Pour se faire une idée du domaine, voici un extrait du plan Le Jeune de 1768 (Musée de Soissons)  :


De 1762 à 1780, la propriété évolue peu, hormis les achats de vignes réalisés par Nicolas LIOT, propriétaire pendant une seule année, du 17 avril 1762 à sa mort le 17 mai 1763. Il achète en effet à Samson Dauré d’Armency des vignes aux « Taillepieds », au lieu-dit « au Colombier », ainsi que des vignes aux « Hardrées ». A la veuve du notaire Henry Calais, Mme Pétronille Louvet, il achète aussi des vignes, également aux « Taillepieds », lieu-dit « Lafaux ». Ces vignes seront revendues en même temps que la propriété, en augmentant le prix.


Le 14 avril 1778, sa fille, Françoise Cécile LIOT et son mari Adrien Jean François Louis DELACAMPAGNE, conseiller au Présidial de Laon et demeurant dans cette même ville, vendent Maison Bleue, ses dépendances et ses vignes, à Michel LEVÊQUE, cabaretier demeurant à Soissons, et à sa femme Marie Louise LEFEVRE, pour la somme de 12 380 livres. Mais le frère de Françoise Cécile, Jacques LIOT, avocat à Soissons, puis au Présidial de Laon, conteste cette vente car il estime que ces biens lui sont propres, et désire en exercer le retrait.



 


 


Le cabaretier Michel LEVÊQUE et sa femme Marie Louise LEFEVRE ne resteront à Maison Bleue que deux ans et demi, du 14 avril 1778 au 16 décembre 1780, date à laquelle ils revendront la propriété à Simon Michel BERGER, secrétaire de l’Intendance de Soissons, pour la somme de 10 480 livres, avec une perte de 1 900 livres. Pourquoi cette vente si rapide ? Peut-être n’ont-t-ils pas eu les moyens d’entretenir une telle maison, peut-être Jacques Liot a-t-il fait annuler la vente ? Aucun document ne nous éclaire sur ce point, l’année 1780 ayant disparu des minutes du notaire Rigaux. 



Entre 1780 et 1786Simon Michel BERGER aménage la maison et en fait une maison bourgeoise. En effet, nous pouvons lire dans l’acte de vente du 1er mars 1786, que la maison possède maintenant deux chambres dont une avec baignoire, une salle à manger, une chambre au dessus de la cuisine, un salon en suite, une mansarde au dessus, une petite mansarde au dessus de la salle à manger, deux celliers, trois caves et mansardes au dessus.
     -Dans le jardin, un bassin avec jet d’eau a été construit et la maison de vigneron possède dorénavant un colombier, un hangar, une étable, un tect à porc (soue à cochons) et un poulailler.
    -Les chambres, salle à manger et salon sont tapissés, les croisées sont garnies de rideaux, le mobilier va des buffets à dessus de marbre aux canapé et bergère recouverts de velours d’Utrecht en passant par une baignoire, six lits garnis, une ottomane, trois tables à quadrille, une grande table à manger, une toilette et un secrétaire en marqueterie, six fauteuils, deux douzaines de chaises …...


Au 1er mars 1786, il vend la propriété en viager à Pierre Antoine DESMOULINS, pour la somme de 18 000 livres. La maison a pris de la valeur du fait de la transformation des pièces et des meubles apportés par Simon Michel Berger.
Rappelons que Pierre Antoine Desmoulins était en pleine ascension sociale : marchand de blé à Soissons en 1768, officier de l’Election de Soissons en 1784, conseiller du Roi en 1785 .



En 16 ans, de 1786 à 1802, Pierre Antoine DESMOULINS et sa femme Marie Madeleine GUILLOT vont transformer Maison Bleue en château et augmenter de façon considérable la taille de la propriété, par de nombreux achats de vignes et de terres, soit à des particuliers soit par adjudication de biens nationaux. 


Pierre Antoine DESMOULINS semble, aux dires de M. Bernard Ancien, être un de ces hommes qui achetèrent à bas prix nombre de « biens nationaux » tels que le château d’Egmont à Braine, l’abbaye St Paul, l’abbaye de Saint Crépin en Chaye à Soissons, l’abbaye de Prémontré et bien d’autres, pour les revendre avec profit en les démembrant ou en les démolissant pour en vendre les matériaux. Il s’associait à d’autres pour enchérir et partageait le bien ainsi acquis. C’est le principe de la « bande noire », association de spéculateurs. Ces biens nationaux acquis par adjudication, à bas prix par rapport à leur valeur réelle, voyaient leurs terres morcelées, leurs murs et charpentes démontés, leur argenterie, cloche, objets de culte pillés et faisaient la fortune de leurs acheteurs.


 


La maison est donc transformée par la famille Desmoulins en château richement meublé et décoré, et disposant du confort « moderne »  :


     -La cuisine possède une pompe en fer et tuyaux de plomb amenant l’eau à une réserve et tuyaux de décharge conduisant à un bassin situé dans le jardin, l’office et le fournil à côté ; les cheminées sont en marbre, les tentures sont d’indienne, un poêle de faïence avec tablettes de marbre chauffe la salle à manger, le salon ; à l’étage se trouvent deux chambres avec alcôve et cabinet et deux mansardes au-dessus de la salle à manger et du salon.
     -Les bâtiments tels que celliers contenant les pressoirs, les cuves, caves, remises pour les ustensiles de vendange, lieux d’aisance existent toujours de même que la basse cour avec ses écurie, poulailler, étables à vaches et à porcs, colombier...
Aux terres déjà existantes, Pierre Antoine DESMOULINS ajoutera un verger provenant de Notre Dame des Vignes, des terres labourables, une ferme et ses dépendances situées à Vauxrot et provenant de St Crépin en Chaye, d’autres terres et bois, biens de St Paul, du chapitre de St Gervais, de l’abbaye d’Ourscamps, de la cure de Cuffy, des Minimes, des vignes et des terres acquises à des particuliers : Louis Joseph Lecaux de la Tombelle et sa femme Jeanne Jacob de St Hilaire, Jean François Blin, Marie Victoire Desmoulins et son mari Pierre Charles Vervin.


Le couple Desmoulins a t-il eu, en1802, soudain grand besoin d’argent ? En tout cas, le 2 septembre 1802, la magnifique propriété de Maison Bleue est vendue à Joseph GUILLOT, marchand droguiste demeurant à Paris, en règlement d’un emprunt de 25 000 francs et 15 000 francs de surplus, ce qui porte à 40 000 francs la somme totale. Le même mois de septembre 1802, beaucoup d’ autres biens du couple sont revendus à leur fils Louis Antoine Desmoulins. Mais, sans quitter les lieux, les Desmoulins continuent d’administrer la maison avec tous pouvoirs grâce à la procuration que Joseph Guillot donne au fils, Louis Antoine DESMOULINS, le 14 avril 1803.


Le 30 septembre 1805, la propriété entière lui est d’ailleurs revendue 30 000 francs.
A partir de 1805, Louis Antoine DESMOULINS est un gros propriétaire terrien puisqu’à Cuffies il possède deux propriétés importantes : la ferme du Mont du Cuffies et Maison Bleue, environ 70 hectares de terres, une vigne nouvellement plantée aux Hardrets, la maison presbytérale d’Arcy Ste Restitue, une petite maison à Braine dans l’enclos du château ...
 Dans les années 1810-1837, il est maire de Cuffies. Ses parents restent domiciliés à Maison Bleue au moins jusqu’au 26 mai 1829, date du décès de sa mère Marie Madeleine Guillot à la Maison Bleue de Cuffies à 82 ans. En 1827, c’est la pose de la première pierre de la verrerie de Vauxrot.



 


 


 


 


 


Louis Antoine DESMOULINS demeure encore à Maison Bleue en 1836, et c’est probablement cette année-là qu’il vend Maison Bleue à la famille DEVIOLAINE.


En 1836, 1838 et 1841 naissent à Cuffies les enfants de Léon Norbert DEVIOLAINE, 3ème fils d’ Augustin Deviolaine, et de Louise Zélie Doffémont, petite fille de Louis Antoine Desmoulins.


Augustin Deviolaine, cousin par alliance de Louis Antoine Desmoulins, était le fondateur et maître de la verrerie de Prémontré (1803-1843) puis de celle de Vauxrot (1827), maire de Soissons (1830-1832). Pendant que les deux premiers fils géraient la verrerie de Prémontré et y habitaient, le 3ème fils, Léon Norbert s’occupait de celle de Vauxrot et y demeurait.


En 1848, selon la recherche cadastrale, Maison Bleue et sa propriété appartiennent bien à Léon Norbert DEVIOLAINE. Dans le livret « Reconstruire la mémoire de la verrerie Deviolaine », Jean Bobin et Jean Pierre Corneille nous expliquent que « cette installation ne doit rien au hasard. Augustin Deviolaine comprend que les aménagements de la rivière Aisne vont permettre l’acheminement du charbon, ce qui supprime la recherche de bois de chauffage de plus en plus difficile à trouver […] Augustin achète le domaine et confie à son fils Paul la gestion des travaux. »



puis entre 1871 et 1914 :



Maison Bleue reste aux mains de la famille DEVIOLAINE pendant presque un siècle jusqu’à la première guerre mondiale.


Voici les portraits des propriétaires Deviolaine au XX° siècle, aimablement mis à disposition par Eric Mamy, arrière-petit-fils de Georges Deviolaine :


Augustin DEVIOLAINE, (1771-1860), maitre verrier, fondateur de la verrerie de Vauxrot en 1826

Paul Louis „Gabriel“ DEVIOLAINE (1841 - 1917) neveu de Léon Norbert, et maire de Cuffies de 1874 à 1905, est propriétaire de Maison Bleue avant 1914, d’après la déclaration des dommages de guerre, avec sa femme Louise Sohier (1848 – 1908) et leurs enfants.


Paul Louis „Georges“ DEVIOLAINE  (1862 – 1954), maître de la verrerie de Vauxrot et sa femme Henriette Hébrard de Villeneuve (1876 – 1955) avec leurs 3 enfants : Maurice (1901-1983) , Jeanne (1903-1997) et Marie Thérèse (1906-1994) qui habitent Maison Bleue jusqu’en 1914 . Il réclame des dommages de guerre en 1920 en qualité de seul héritier de son père, sa soeur étant décédée en 1912 sans enfants.


 


 



 


 


 


 


 


Occupée par les Allemands une première fois en septembre 1914, puis de janvier 1915 à fin mars 1917, Maison Bleue a été complètement vidée de tout ce qu’elle contenait et à moitié détruite. Le parc a également accueilli les tombes de soldats et officiers français inhumés en 1914.



 


 


 


 


 


Le dossier de dommages de guerre (AD Aisne 15 R 1325) déposé en 1920 par Georges DEVIOLAINE contient une description très précise de cette propriété disparue . On en mesure d’autant mieux les transformations opérées en un siècle.


Au rez de chaussée, nous trouvons un jardin d’hiver garni de rayons avec plates bandes en carreaux de faïence décorés à la main en camaïeu de bleu, un vestibule d’entrée meublé de chaises et d’un fauteuil ancien en bois naturel et éclairé à l’électricité. Vient ensuite un autre vestibule, tapissé de toiles peintes décorées de motifs très artistiques, où se trouve une table Louis XIII et ses chaises, un porte chapeaux et parapluies, une lanterne Louis XV montée à l’électricité.


Entrons maintenant dans le grand salon, lieu de musique puisqu’il s’y trouve un piano demi-queue en palissandre et un très beau violoncelle ancien venant d’un arrière grand-oncle.
Canapés, divans, bergères, fauteuils et chaises laqués blancs et recouverts de velours rouge foncé ou de soieries anciennes, grandes tables et petites consoles Louis XVI, lustres, flambeaux, paravent, miroir, vases, pendules … forment le mobilier de cette pièce.
Le petit salon, lui, est rempli de livres classiques et de partitions rangés dans les bibliothèques de bois noir. On y trouve aussi une table à jouer, un grand et un petit bureau et toujours des fauteuils et des flambeaux avec, au sol, des tapis anciens.
Voici maintenant la salle de billard suivie de la salle à manger, d’un 2ème vestibule, de la salle à manger des domestiques, de la lingerie et de la cuisine.


Toutes ces pièces sont aménagées de meubles anciens : tables, fauteuils, consoles, chaises, bibliothèques et les murs décorés de tapisseries et de tableaux quelquefois réalisés par Mme Paul Deviolaine.
Escaliers et corridors recouverts d’un tapis beige à bordures rouges, la main courante de velours avec anneaux de cuivre et les murs ornés de nombreuses gravures nous mènent au 1er étage où se trouvent sept chambres  richement meublées avec leur cabinet de toilette, une salle de bains avec baignoire et chauffe-bain en cuivre et un vestibule meublé d’une bibliothèque de 400 volumes et d’une grande armoire en chêne massif.



La maison comporte maintenant un 2ème étage qui accueille la chambre de la femme de chambre, deux chambres d’amis et la lingerie de Mme Georges Deviolaine.


Dans le bâtiment des communs, 5 domestiques ont leur chambre et Mme Paul Deviolaine son atelier de peinture.
La cave contient des bouteilles de vin de Bordeaux, Bourgogne, Champagne, Porto, Madère et liqueurs diverses.


Comme vous le voyez, Maison Bleue était une très belle maison ; à Cuffies, on parlait même de château, comme pour les 2 autres propriétés Deviolaine : St Louis, qui lui faisait pendant de l’autre côté de la route de Cuffies à Crouy, et St Norbert sur la colline à l’arrière.
Pas plus que Saint Louis, Maison Bleue ne fut jamais reconstruite. De cette maison existent encore des pierres ayant servi à reconstruire quelques maisons aux alentours, mais surtout la tourelle que l’on peut voir sur certaines cartes postales anciennes et qui est accolée aujourd’hui encore à la chapelle Saint Laurent. Ironie de l’histoire, cette chapelle étant propriété de l’Evêché de Soissons après guerre, on peut dire que les lieux sont finalement retournés dans le giron de l’Eglise ! Et la boucle est bouclée...



PS : tous nos remerciements à Jean Pierre Corneille, maire de Cuffies , pour le prêt de sa collection privée de cartes anciennes et les conseils apportés .